Région de l’Est : Seulement 3% de route bitumée à mars 2022

Pour un réseau routier long de 22.994 Km, 97,8% des routes sont en terre contre 2,2% bitumées. Malgré le potentiel économique de cette partie du pays, ses richesses font l’objet de pillage à ciel ouvert au détriment de son développement.

Entre fossés, bourbiers et ponts cassés, les populations vivent un calvaire au quotidien sur le tronçon Diang-Abumadjali-Esselegue-Belabo. Cet axe de 48 km de route en terre, rétrécie par la végétation, n’a pas fait l’objet des travaux d’entretien depuis belle lurette. Les usagers sont obligés de circuler à moto.

Un véritable chemin de croix pour les habitants de cet arrondissement du département de Lom-et-Djèrem, région de l’Est. « Tant qu’on n’a rien vu, on n’y croira pas. On souffre énormément avec ce problème de route. On nous a fait des promesses pendant la campagne présidentielle. Rien n’a été fait jusqu’aujourd’hui », explique, indigné, Germain Andjongo, un habitant du village Esselegue. Pourtant, cette zone est un grand bassin de production des cultures vivrières.

Incivisme

A l’image de ce petit tronçon, la plupart des routes de cette région sont fortement dégradées. « L’évaluation faite au premier trimestre fait état de ce que 92,65% de routes sont en mauvais état, 3,34% dans un état moyen et 4,01% en bon état », souffle une source à la délégation régionale des Travaux publique (Mintp-Est).

 

Incivisme

Un état des lieux que confirment plusieurs chauffeurs. Ces routes qui sont pour la majorité en terre se dégradent sous l’effet des pluies intenses, de la végétation envahissante et de l’incivisme des usagers. « Il s’agit de la surcharge des camions et du non-respect des barrières de pluies », avouent conducteurs. Pire, ces routes deviennent impraticables quelques mois seulement après leur entretien.

Entre Doumé et Doumaintang ou encore Nguélémendouka-Ebah et Kak III, il n’est pas conseillé de voyager en cette période des pluies. Car la route est fortement dégradée. « Là-bas, la population s’est vue dans la nécessité de faire elle-même les travaux d’entretien routier. De village en village, les gens sont parfois obligés d’utiliser des pratiques ancestrales pour boucher les trous afin de pouvoir circuler. Le plus souvent c’est avec les motos que les populations de ces villages se ravitaillent », explique Mathurin Nkoum, un chauffeur de la zone. « Nous demandons au gouvernement de nous refaire les routes », lance-t-il.

Région de l’Est : Seulement 3% de route bitumée à mars 2022

Car, elles sont poussiéreuses en saison sèche, humides, glissantes et boueuses pendant la saison des pluies. « Avant de vous rendre dans une localité, il est important de se renseigner pour savoir si les véhiculent circulent ou pas, parce qu’une bonne partie des ponts sont cassés », conseille Ousmanou, chauffeur. Il est d’ailleurs fréquent de voir sur les routes de cette région les poids lourds  transportant les marchandises ou les grumes retournés sur le bas-côté. Pour ceux qui les affrètent, les pertes économiques sont énormes en cas d’accident.

606 Km de routes bitumées

Bien que riche en ressources naturelles, minières et forestières, l’Est demeure pauvre en termes d’infrastructures routières. « Les cultures vivrières tout comme les cultures de rentes peinent à être écoulé dans les agglomérations. Des cargaisons pourrissent en bordure des champs ou dans les camions qui se rendent dans certaines zones de productions à cause du mauvais état des routes », déplorent un agriculteur.

Long d’environ 22.994 Km, le réseau routier de cette région dispose de 1886 Km de routes nationales ; 1.584 Km de routes régionales et 20.478 Km des routes communales. Il est essentiellement constitué des routes en terre (97,8%) contre seulement 606 Km de routes bitumées (2,2%). Dans ces chiffres, seulement 36,87 % des routes nationales sont en bon état. 19,98% sont en moyen état et 43,15% en mauvais état. Quant aux routes régionales14, 37% sont actuellement en bon état, 26,82% dans un état moyen et 65,09% en mauvais état.

Région de l’Est : Seulement 3% de route bitumée à mars 2022

Selon le constat de la délégation régionale du Mintp, 1, 24 % de routes communales sont en bon état, 0,00% en moyen état et 98,65% en mauvais état. Avec le retour des pluies, certaines localités risquent d’être coupées du reste du pays. Car, dans certaines localités de cette région, on observe des tronçons de routes fortement dégradés avec des bourbiers géants qui peuvent immobiliser des véhicules pendant des jours voir des semaines.

 

Contrats

A la délégation régionale du Mintp, nos sources indiquent que le réseau routier de la région de l’Est bénéficie actuellement de 03 contrats de construction routière qui couvre un linéaire prévisionnel de 143,678 km pour un montant de 94.243.436.687 F Cfa TTC en travaux et 5.108.231.179 F Cfa TTC en contrôle et surveillance des travaux. Il s’agit de travaux de construction de la route communale Mbama-Messamena 38,241 Km et des voiries d’Abong-Mbang 6,152 Km et de Messamena 4,285 Km réalisés par l’entreprise Edok Eter.  Aussi des travaux de construction de la section de route Mandjou-Akokan- RN10-45 km par l’entreprise MAG-SARL et des travaux de la section de route Akokan-Batouri RN10-45 km par l’entreprise ZCCC.

Région de l’Est : Seulement 3% de route bitumée à mars 2022

Bien plus, 06 contrats et 05 conventions d’entretien routier sous maitrise d’ouvrage du Mintp couvrent le réseau routier de l’Est. 02 contrats concernent les routes revêtues, 04 contrats et 05 conventions pour les routes en terre. Et pour la protection de ces routes en terre justement, un nouveau modèle de barrières des pluies sera construit à l’Est. « Trois départements sont concernés. Dans le département de la Kadey, nous avons 07 barrières des pluies à construire. Deux sur le tronçon routier Batouri-Ngoura et 05 sur le tronçon Ngoura-Kentzou, 18 sur le tronçon Ngoura-Moloundou. Ce qui fait un total de 25 barrières de pluies attribuées à l’entreprise Ida dans ce département. Du côté du département du Haut-Nyong, 15 barrières seront construites par l’entreprise Mara sur la route régionale n°19 Abong-Mbang, Lomié, jusqu’à Mbalam », expliquait Elie Mba, le Mintp-Est lors de de séance de travail en prélude au lancement des travaux. Un projet pilote dont le délai d’exécution est de 06 mois, d’après Innocent Michel Ngombe Mbem, directeur de l’entretien et de la protection du patrimoine routier au Mintp.

Par Ange-Gabriel OLINGA BENG à l’Est

 

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