Ouest : Le raphia menacé de disparition
Des plantes de raphia. Gare à la surexploitation

Ouest : Le raphia menacé de disparition

Les acteurs de la société civile militent pour la promotion et la conservation de cette essence qui entre dans l’écosystème des hautes terres de l’Ouest raphia.

William Kuihane, le responsable de la Fondation Gacha tire la sonnette d’alarme sur la menace qui pèse sur les raphias à l’Ouest Cameroun.  « Le raphia est une essence qui tend à disparaître. Etant un élément qui entre dans l’écosystème des hautes terres de l’Ouest, il est au centre de nos préoccupations », prévient-il. Il renchérit : « Nous travaillons depuis 2018 avec les vignerons dans la nécessité du reboisement. Simplement parce que si nous ne menons pas des actions dans ce sens, il se fera tard et la sécheresse va s’intensifier. Nous sommes exposés aux conséquences des changements climatiques. La région de l’Ouest n’ayant pas de forêts, n’a que cette colonie de raphia pour protéger l’environnement. »

Face à cette menace, la conservatrice du Musée royal de Baham Anibel Yvel Mbouche Pokam, souhaite que l’Etat établisse des lois interdisant la destruction de cette plante.  Mais avant, plusieurs acteurs se sont réunis le 26 novembre 2022 à Bangoulap, dans le département Ndé, région de l’Ouest Cameroun pour discuter de la promotion et de la conservation du raphia menacée de disparition.

Il était donc question de faire l’état des lieux de cette plante, en évaluant notamment son niveau de surexploitation quand on sait qu’elle est utilisée non seulement pour l’extraction du vin de palme mais aussi pour la confection de divers objets. Cette conférence était aussi un prétexte d’éducation des vignerons sur l’usage du bambou. Une sensibilisation qui est passée de la technique de coupe à la manière de prélèvement des éléments du raphia. « Pour le moment, les gens qui ne sont pas sensibilisés sur la coupe des bambous le font en désordre et pourtant il est démontré que quand les bambous sont coupés selon les règles de l’art, le raphia s’étend et les jeunes plants se développent rapidement », indique William Kuihane.

Ainsi interpellés, les vignerons même s’ils accusent les jardiniers d’être à l’origine de cette surexploitation du raphia à cause de la confection des paniers pour le transport de leur tomate, ont sollicité des moyens d’accompagnement pour le reboisement.  Ils rassurent même de la disponibilité de 800 plants à mettre sous terre. Et pour recueillir du vin, il faut patienter près de 7 ans.

Mélanie Ambombo

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